Vous trouverez sur cette page des liens vers des émissions de radio, des articles, des vidéos, des livres ou des films témoignant de la vie de ce continent.

Cette page se veut un regard sur l'Afrique telle qu'elle fut et telle qu'elle vit aujourd'hui, et non sur ce que l'on croit savoir d'elle...

 

 


La 19ème édition du Printemps des Poètes met à l'honneur l'Afrique du 4 au 19 mars 2017, et invite les curieux à explorer ce continent au travers de sa production littéraire... 

L'événement sera l'occasion de mettre en avant les poètes africains de langue française, d'hier et d'aujourd'hui, notamment Léopold Sedar Senghor et Tchicaya U Tam'si.

 

Pour un avant-goût de ces découvertes, écoutez le podcast de l'émission littéraire "ça peut pas faire de mal", consacrée à l'ouverture du festival.

https://www.franceinter.fr/emissions/ca-peut-pas-faire-de-mal/ca-peut-pas-faire-de-mal-04-mars-2017

 


Serge Michailof expose dans une émission de France Culture les axes essentiels de son inquiétude concernant l'Afrique Sahelienne. Dans un dialogue avec J.C Ruffin, autre grand connaisseur du continent il nuance l'afro-optimisme ambiant et rappelle qu'il n'y a pas une  seule Afrique, mais plusieurs zones dont l'évolution est clairement différente. Certes, il existe en Afrique des territoires connectés à la mondialisation marchande (franges littorales atlantiques et pacifiques, Afrique australe...) dont la croissance économique permet d'envisager des lendemains meilleurs, mais de grandes entités, en particulier le Sahel, restent en retrait de ce développement de richesse. La bombe démographique est là, avec un taux de fertilité qui voit la population de certains pays doubler en 15 ans, sans que les terres arables ne puissent nourrir les populations..Un dialogue riche et passionnant, loin de l'optimisme béat de ces dernières années ou des Cassandres habituels du continent.

 

https://www.franceculture.fr/emissions/les-discussions-du-soir-avec-jean-christophe-rufin/lafrique-au-risque-des-conflits

 


Loin de mon père . Véronique Tadjo

 

Ce livre de Véronique Tadjo, est le livre d'un retour vers son pays natal, la Côte d'Ivoire. L'héroïne qui vit à Paris, retrouve un pays exsangue après la guerre civile, à l'occasion du décès de son père. Dans ce monde où la question de l'appartenance et de "l'ivoirité", ont entraîné des déchainements de violence, elle doit faire face au passé polygame caché de son père. Elle découvre donc que celui-ci menait une vie ivoirienne, dont elle et sa mère à Paris, ne connaissaint pas l'existence,  et fait la connaissance de ces "nouveaux" frères et soeurs. Ce beau livre mêle les thèmes récurrents de la littearture africaine contemporaine (Exil, place de la femme, identité profonde...) mais l'auteur le fait dans un style dense et lumineux, comme un témoignage au coeur d'un pays, qui tente à nouveau de se frayer un chemin, escarpé, vers un espoir en des jours meilleurs.

Soul-food equatoriale - Leonora Miano

 

Objet étrange que ce livre, où les saveurs de recettes camerounaises cotoyent les souvenirs et anecdotes gourmande de l'auteur. Hymne aux couleurs et aux odeurs que les amoureux de ce continent sont capables de ressentir en fermant les yeux. Du gari aux gombos, en passant par les crevettes qui auraient donné leur nom au Cameroun, Leonora Miano nous offre un petit bijoût de littérature pour papilles...  

« Dans les BH [beignets-haricots], il y a l'endurance joyeuse de nos peuples. La capacité à fabriquer de la vie avec ces petits riens. le désir de savoir ce que demain apportera. La foi dans la vie. » 

L'hibiscus pourpre . Chimamanda Ngozi Adichie

 

Kambili a quinze ans. Son monde est limité aux murs de la résidence luxueuse d'Enugu, au Nigeria, où elle vit avec ses parents et son frère Jaja. Son père, Eugène, est un riche notable qui régit son foyer selon des principes d'une rigueur implacable. Sa générosité et son courage politique (il possède le seul journal indépendant du pays) en font un véritable héros de sa communauté. Mais Eugène est aussi un fondamentaliste catholique, qui conçoit l'éducation de ses enfants comme une chasse au péché où les plus terribles punitions trouvent leur justification dans la foi. Quand un coup d'Etat vient secouer le Nigeria, Eugène, très impliqué dans la crise politique, est obligé d'envoyer Kambili et Jaja chez leur tante. Les deux adolescents y découvrent un foyer bruyant, plein de rires et de musique. Ils prennent goût à une vie simple, qu'ils croyaient dangereuse et païenne, et ouvrent les yeux sur la nature tyrannique de leur père. Lorsque Kambili et son frère reviennent sous le toit paternel, le conflit est inévitable et la maison se transforme en champ de bataille où les enfants vont se révolter pour gagner leur liberté. L'Hibiscus pourpre est un roman bouleversant sur la fin de l'innocence, la violence domestique, l'intolérance religieuse et l'émancipation.


Notre-Dame du Nil . Scholastique Mukasonga

 

 

Ce roman, prix Renaudot 2012, traque les prémisses de la guerre civile rwandaise qui aboutira au génocide des Tutsis par les Hutus, dont on commémore cette année le 20ème anniversaire. L’auteur nous transporte au Lycée « Notre Dame du Nil », perché à près de 2500 m d’altitude, dans ces montagnes qui séparent les bassins versants de deux des grands fleuves africains, le Nil et le Congo. Nous sommes au début de l’indépendance du Rwanda, et le clivage entre les deux ethnies, sur lequel s’est longtemps appuyé le colonisateur belge, structure la vie lycéenne. Les élèves Tutsis, dont on tolère la présence à hauteur de 10 % des effectifs, subissent déjà les haines larvées qui conduiront aux expulsions, déportations et enfin au troisième grand génocide du XXème siècle. Au milieu des sœurs catholiques, des professeurs belges et français, celles que leur collègues Hutus surnomment « Inyenzi : Les cafards », endurent les moqueries puis les persécutions d’abord sournoises, puis de plus en plus affichées au grand jour. Ce livre bouleversant résonne comme un écho tragique de l’histoire.

La stratégire des antiolpes . Jean Hatzfeld

 

 

C'est avec le génocide rwandais que Jean Hatzfeld, grand reporter à Liberation est devenu un écrivain. Après "Dans le nu de la vie " et "Une saison de machette", nous sommes toujours sur le territoire de Nyamata, pas très loin de Kigali, et cette fois, les meurtriers hutus sont revenus sur les collines, ils y croisent les rescapés tutsis. L'heure est à la réconciliation, du moins pour le gouvernement. Sur le bord du précipice, nous les reconnaissons tous, ceux qui ont tenu la machette comme ceux qui leur ont échappé. En dire davantage ? Ceci par exemple : de mille façons, on le voit, on le lit, on l'entend, la littérature s'est prise à aimer les puissants, les riches, les vainqueurs, les habiles, comme si elle n'avait pas d'autre objet que de leur tenir le miroir ou la main. Sans l'avoir probablement décidé, Jean Hatzfeld, lui, s'en tient à la racine des êtres et des choses, rappelant ainsi à l'écrivain autant qu'au lecteur leur tâche commune : comprendre sans mentir, c'est-à-dire travailler à leur liberté du mieux qu'ils le peuvent.

Génocidé : Révérien Rurangwa

 

 

« Depuis que, le 20 avril 1994, vers 16 heures, je fus découpé à la machette avec quarante-trois personnes de ma famille sur la colline de Mugina, au coeur du Rwanda, je n'ai plus connu la paix. J'avais 15 ans, j'étais heureux. Le ciel était gris mais mon coeur était bleu. Mon existence a soudainement basculé dans une horreur inexprimable dont je ne comprendrai probablement jamais les raisons ici-bas. Mon corps, mon visage et le plus vif de ma mémoire en portent les stigmates, jusqu'à la fin de ma vie. Pour toujours. » Comme celle de tous les survivants, l'histoire de Révérien Rurangwa rejoint l'Histoire. Il dit aussi la force de l'instinct de survie et des processus de résilience ; l'impuissance à envisager le pardon quand la justice est bafouée ; l'énigmatique pouvoir du mal et le mystérieux silence de Dieu. Et c'est en cela qu'il s’adresse à l’universel. 

Le Génocide au Village : Entretien Radio avec Hélène Dumas

 

 

Hélène Dumas présente son livre, « le Génocide au village », enquête d’historienne sur les massacres dans l’émission de France Culture « Hors Champs »

 

http://www.franceculture.fr/emission-hors-champs-helene-dumas-2014-04-04


Somalie, le pays où l'on croit que les Hyenes peuvent guerir la maladie mentale.

 

Ces deux liens vous amènent vers des articles rédigés suite à un reportage de la BBC sur le combat d'un homme en Somalie, le Dr Hab qui se bat dans ce pays ravagé par des années de guerre, où l'état n'existe quasimment plus, pour lutter contre les croyances locales autour de la maladie mentale. En effet, la tradition veut que le regard perçant des hyenes soit le seul remède pour désenvouter les esprits possédés. Des malades, des enfants parfois, sont donc enfermés dans des cages avec l'animal, et s'ensuivent blessures graves et même la mort pour certain. 

Un homme, Ab dirahman Ali Awale, s'élève seul dans le chaos, et a construit plusieurs centres de soins pour ces patients. Là encore, même constat : manque de soutien des grandes organisations internationales pour l'achat des médicaments psychotropes.

 

http://www.lapresse.ca/international/afrique/201111/03/01-4464363-des-malades-mentaux-en-detresse-en-somalie.php

 

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2013/10/17/traitement-alternatif-le-pays-ou-lon-soigne-les-malades-mentaux-avec-les-hyenes/

 

 

Notre quelque-part

N.A Parkes

 

C'est une incusrsion dans au Ghâna que nous vous proposons sur les pas de Yao Poku, vieux chasseur à l’ironie décapante et grand amateur de vin de palme, qui nous parle. Un jour récent, une jeune femme rien moins que discrète, de passage au village, aperçoit un magnifique oiseau à tête bleue et le poursuit jusque dans la case d’un certain Kofi Atta. Ce qu’elle y découvre entraîne l’arrivée tonitruante de la police criminelle d’Accra, et bientôt celle de Kayo Odamtten, jeune médecin légiste tout juste rentré d’Angleterre. Renouant avec ses racines, ce « quelque part » longtemps refoulé, Kayo se met peu à peu à l’écoute de Yao Poku et de ses légendes étrangement éclairantes…Porté à merveille par une traduction qui mêle français classique et langue populaire d’Afrique de l’Ouest, ce roman époustouflant nous laisse pantelants, heureux de la traversée d’un monde si singulier. 

 

Seffi Atta 

Nouvelles du pays

 

Dans ce pays, les jeunes filles trop bien élevées défendent ardemment les règles régissant leur propre soumission, quand d’autres les enfreignent et trouvent, à défaut de confort, un semblant de liberté. Certains partent sur les routes de l’exil et restent coincés au bord de la mer, d’autres travaillent à Londres ou aux États- Unis et s’intègrent peu à peu. Les femmes ne font pas confiance aux hommes, les maris prennent rarement en compte leurs épouses. La grande ville, Lagos, concentre les périlleuses tentations d’une société prête à toutes les échappatoires – corruption, religion, sexe, trafics en tous genres… –, mais d’improbables solidarités se créent quand l’humanité chancelle.
Le Nigeria est la terre de tous les excès, de tous les paradoxes, de tous les espoirs aussi. Et ce n’est pas la moindre réussite de Sefi Atta que de donner à sentir la formidable vitalité d’une population jeune et pleine de rêves qui, malgré tout, permet au pays d’avancer. Mélange détonant de lumière et d’ombre, de bassesse et de dignité, d’empathie et de cruauté, de découragement et d’humour, ce recueil de nouvelles,  est un véritable hommage au peuple nigérian.


Cahier Nomade

Abdourahman A. Waberi

 

Treize nouvelles comme treize caravanes venues de Djibouti, ce pays sans ombre, mi réel, mi rêvé. A.Waberi divise son recueil en deux parties. La première fait écho à son enfance, à l’époque où le « général-président », venu de France, visitait ce « confetti » de l’Empire, où son père chantait la nuit dans une société pleine d’espoir où les cinémas modernes faisaient rêver les Djiboutiens.

 

La seconde partie, évoque le rêve déçu, les « tours de Babel » où chacun y va de son dialecte, les présidents bonimenteurs qui promettent des jeux à une foule exsangue. Il ne reste que le rêve pour faire écho à la légende des nomades traversant l’un des déserts les plus arides au monde...

Black Mamba Boy

Nadifa Mohamed

 

Dans ce premier roman, l’auteur nous emmène dans les pas de Jama, un enfant des rues d’Aden, dont la mère lui jure qu’il est né sous une bonne étoile. Lorsque celle-ci, d’origine Somalienne meurt en 1935, Jama se retrouve seul au monde. Il quitte alors le Yemen pour retrouver la trace de son père et se lance dans un incroyable périple qui lui fera traverser l’Erythrée, le Soudan , l’Egypte, et la Palestine. Jama vit d’expédients et s’engage le plus souvent au service des puissances coloniales en proie aux rebellions indépendantistes. Ce laissé-pour compte est protégé car il a la bravoure du serpent tatoué sur le bras : un mamba noir !

 

Récit remarquable sur la quête existentielle, et les affres de la guerre, ce livre amène aussi un éclairage historique qui permet de mieux comprendre les turbulences dans lesquelles se débat encore aujourd’hui la Corne de l’Afrique.

L’Afrique enchantée : Alain Mabanckou et son Black Bazar

 

Pour ceux qui l’auraient ratée, encore un belle session de l’émission des amoureux de l’Afrique.

On y retrouve le grand écrivain congolais, Alain Mabanckou, venue parler de sa passion de la rumba congolaise, accompagné de ses musiciens du Black Bazar. La crème de la musique entre Brazza et Kinshasa !

 

Un des mérites de l’émission est de traduire certains textes qui se révèlent des complaintes magnifiques sur la vie amoureuse au bord du grand fleuve…

 

http://www.franceinter.fr/emission-lafrique-enchantee-alain-mabanckou-et-son-black-bazar

 


Poulet Byciclette et Cie

Florent Couao Zenati

 

 

Les poulets bicyclettes sont ces poulets que l’on croise partout en Afrique, décharnés et rapides qui détalent quand on s’approche d’eux mais qui n’échappent pas à leur triste destin. Les personnages des nouvelles du plus grand écrivain béninois contemporain sont comme ces poulets, fuyant les menaces qui pèsent continuellement sur leurs frêles existences, essayant de se faufiler dans les méandres glauques de la survie. On y croise des enfants contrebandiers de drogue à la frontière Nigériane, une mère qui tente d’arracher son unique fils aux séances violentes d’exorcismes d’un pasteur du Christianisme Celeste, et même une vielle voiture importée de France qui passe de mains en mains et d’échecs en échecs pour finir brûlée sur le bord d’une traverse de latérite. Aucun n’échappe à la noirceur du destin que le continent réserve à ses enfants les plus vulnérables. Mais comme souvent chez Couao Zenatti, la vie est une farce et l’écriture ne sombre pas dans le misérabilisme et garde un ton jubilatoire où l’humour (noir) n’est jamais très loin.

Le Négus

Ryszard Kapuscinski

 

Cet ouvrage écrit en 1978 par le brillant écrivain Polonais est une œuvre fascinante sur l’ascension et la chute d’un monarque absolu, Hailé Selassié 1er, empereur d’Ethiopie. Le Negus est en effet le dernier représentant de la dynastie salomonide, qui selon la légende descendrait des amours du Roi Salomon et de la fameuse Reine de Saba.  Cette filiation héritée de l'Ancien Testament  lui confère un statut d’envoyé de Dieu sur terre. Il est aussi l’icône des Rastafaris, dont le plus célèbre Bob Marley n’aura de cesse de vanter la grandeur d’Haile Selassié…

Le jeune empereur connaitra son heure de gloire au début de son règne lorsque lors d’un discours brillant à la Société des Nations, il dénoncera l’agression mussolinienne. Il intègrera ensuite l’Ethiopie victorieuse à l’Onu et sera l’empereur du seul pays africain, jamais colonisé et ayant vaincu les européens (à la bataille d’Adoua, célèbre aujourd’hui dans toute l’Afrique). Mais loin des ambitions modernistes du début, son règne s’enfermera dans un pouvoir absolu, totalement déconnecté de la réalité d’un pays de plus en plus miséreux et isolé des mécontentements du peuple par une cour flagorneuse qui jusqu’ou bout ne verra rien venir de la révolution marxiste de 1974 qui fera tomber le « dernier empereur » d’Abyssinie. Le livre de Kapuscinski est une description lumineuse du pouvoir absolu et de l’isolement qu’il génère. En cela il offre une réflexion qui dépasse le seul cas du Négus…

Vieux Farka Touré

Mon pays

 

 Alors que l’actualité malienne charrie son lot de victimes, le dernier disque de Vieux Farka Touré est un cri d’espoir et d’amour à ce si beau pays.  Reprenant le flambeau de son père, le grand « bluesman » malien, Ali Farka Touré, il chante la nécessaire réconciliation entre le Nord et le Sud du Pays, entre les  diverses ethnies qui peuplent le Mali.  Après la longue période de guerre, il a enfin pu retourner dans la petite ville de Niafunké sur les bords du fleuve Niger où son père puisait son inspiration. Il a aussi invité sur ce disque un autre « fils de »,  Sidiki Diabaté qui reprend à la Kora le flambeau de son père Toumani.  Ce disque se veut une « pierre artistique » dans le grand chantier de reconstruction à venir.

 

http://www.youtube.com/watch?v=a-dqT57LUnw


 

Peuls

Tierno Monenembo

 

Tierno Monenembo réussit le pari de raconter dans une Grande fresque littéraire l’histoire de ce grand peuple d’Afrique, les Peuls, dont il est lui-même un représentant.

La préface propose aux lecteurs la légende de la naissance de ce peuple pastoral, qui aurait vu le jour dans la vallée du Nil.

Le récit commence ensuite au XIVème Siècle où l’on suit l’épopée de deux frères ennemis qui se disputent l’héritage de la lignée nobiliaire paternelle, pour régner sur leur tribu commune. On croise successivement les empires du Ghâna et du Mali que ce peuple belliqueux mettra à mal dans de nombreuses régions de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel.

 

Le tournant de l’histoire Peule sera l’arrivée de l’Islam, les luttes du début pour résister aux mahométans et faire vivre le Pulaar originel (tradition peule), puis les conversions successives jusqu’à faire de ce peuple l’acteur principal de l’avancée musulmane en Afrique de l’Ouest. Le récit s’achève sur la chute du régime théocratique, miné par ses divisions et incapable de s’unir et résister à l’arrivée des colons au XIXème.
Comme toujours chez Monenembo, le style est flamboyant, l’écriture limpide, ce qui donne à ce roman une grande accessibilité de lecture, même pour quelqu’un non averti des subtilités historiques de la région.

L’aide Fatale

Dembisa Moyo

 

Drôle d’idée sur un site dédié à une action de solidarité avec l’Afrique de consacrer un article à un livre qui pourfend celle-ci, allant jusqu’à la considérer comme un des facteurs du maintien dans le sous-développement du continent. Ce livre de Dembisa Moyo, économiste zambienne exilée à Londres a eu à sa sortie un retentissement considérable qui fait d’elle une des économistes les plus reconnues du moment.
La thèse du livre est la suivante : L’aide tue car elle coupe l’initiative et permet de maintenir au pouvoir des régimes corrompus en assurant aux populations un minimum qui empêche la révolte et la créativité qu’elle génère. Ce livre est un plaidoyer pour une libéralisation de l’économie africaine, sur le modèle de celle qu’ont connu les « tigres » asiatiques comme la Corée, Taiwan et la Chine. Elle rappelle par exemple qu’au moment des indépendances le PIB/hab de la Corée du Sud était inférieur à celui de la Côte d’Ivoire…

Certaines analyses de ce livre donnent matière à réflexion et il serait trop facile de les balayer au prétexte qu’elles s’inscrivent dans une logique de pensée libérale inspirée par la politique menée par le FMI ces dernières décennies.

 

Pour autant, on peut quand même reprocher à D.Moyo, la férocité de sa charge qui manque parfois de discernement et de nuance. Elle passe ainsi sous silence l’abondance de l’aide qu’ont pu recevoir des pays comme la Corée et Taïwan et qui n’est pas pour rien dans le décollage de ces pays. Elle oublie aussi que l’absence de structure étatique et la complexité des découpages nationaux issus de la colonisation a été un poids sans doute plus lourd pour l’Afrique.  On pourrait aussi lui opposer que la réalité du continent demeure complexe et que s’il existe effectivement une Afrique qui décolle sous le régime « libéral », elle coexiste avec une Afrique qui demeure dans la souffrance, et qu’une libéralisation massive et rapide fragiliserait sans aucun doute encore un peu plus et que la sortie de l’aide qui doit demeurer un objectif ne peut s’envisager qu’à moyen terme.  Au final, un livre malgré tout très stimulant.

Les Villes-Mondes – Cotonou – France Culture

 

En compagnie des grandes figures de la culture béninoise contemporaine, voyage à travers Cotonou, ville tentaculaire, véritable capitale économique et artistique du Bénin.

 

http://www.franceculture.fr/emission-villes-mondes-ville-monde-cotonou-1-2012-12-23


Les belles choses que porte le ciel

Dinaw Mengestu

 

Le jeune Sepha a quitté l’Ethiopie en 1974 lors de la révolution qui amena le « tyran rouge » Mengitsu à la tête du pays. Avec son oncle, il vit aux Etats-Unis où il tient une épicerie miteuse dans un quartier déclassé de Washington.  Le soir, après un travail rendu pénible par l’attente et  la faible activité, il aime à boire une bière avec ses deux amis,  Ken le Kenyan et Joseph le Congolais. Ils reparlent de leur pays respectif et s’inventent des jeux sur les dictateurs qui se sont succédés sur le continent. La transformation du quartier, investi peu à peu par une nouvelle élite blanche, et l’arrivée de Judith, professeur d’histoire et de sa fille Noémie va bouleverser l’équilibre précaire de Sepha.  Roman magistral sur l’exil et la solitude, les portraits de ces exclus de la modernité, coincés entre deux mondes, ont offert à ce premier livre un retentissement mérité sur la scène littéraire mondiale.

L’aventure ambiguë

Cheik Hamidou Kane

C.H Kane s’est imposé dès la publication de L’aventure ambiguë, comme un auteur majeur de la littérature africaine du XXème Siècle. Cette œuvre incontournable pose la question majeure de l’identité traditionnelle face au modernisme et au matérialisme amené par les puissances coloniales. Cette question se pose avec d’autant plus d’acuité que le héros du livre, le jeune Samba Diallo est balloté entre l’enseignement du maître coranique qui l’imagine en futur gardien des traditions des Diallobé, et celui des maîtres d’école qui décèlent en lui cette envie d’apprendre et de s’ouvrir à d’autres formes de savoirs et de cultures. Ce dilemme terrible où chaque nouvelle connaissance est aussi une perte de savoir traditionnel, parasitera l’existence de Samba Diallo. Comment réussir en effet à réaliser cette union constitutive d'une nouvelle identité prenant en compte le matérialisme occidental et les vertus d'une société traditionnelle où Dieu est le grand architecte ?

Beautiful Africa

Rokia Traoré

 

Elle chante en bambara, sa guitare électrique en bandoulière, un pied au Mali, dont elle cultive les sonorités acoustiques traditionnelles, l'autre en Occident, qui l'inspire dans ses harmonies : en quinze ans, Rokia Traoré s'est forgé son propre style, une sorte de rock mandingue dépouillé, très folk, très blues, très contemporain. Son dernier album au son soigné creuse encore cette veine multiculturelle. A la fois tonique et apaisante, sa voix brûle de ferveur sur le slam solennel du morceau titre, le plus rock de l'album : en trois langues (bambara, français, anglais), elle y pleure son Mali qui « chavire » et déclare sa flamme à l'Afrique, en prêchant sa parole « d'afroprogressiste » avec panache et fierté.

https://www.youtube.com/watch?v=DEDrtkwGPCI

Diabète au Cameroun

Priorité Santé-RFI

 

On associe souvent à l’Afrique, le Sida et les maladies infectieuses, mais l’urbanisation, le changement des habitudes de vies, les modifications de l’alimentation traditionnelle font qu’aujourd’hui le diabète est un des fléaux du continent, qui tue plus que le VIH ! L’émission santé d’e RFI fait le point sur ce problème de l’Afrique contemporaine et met en lumière la difficulté de millions de gens pour se soigner, du fait des prix des médicament..."Amputer un pied coûte beaucoup moins cher que de le soigner, alors on coupe..."

 

http://www.rfi.fr/emission/20130717-1-diabete-cameroun-rediffusion

 

http://www.rfi.fr/emission/20130717-2-diabete-cameroun-rediffusion

 

 


Murambi, le livre des ossements

Boubacar Boris Diop

 

Murambi, c’est une des nombreuses collines du Rwanda, où l’un des pires massacres du génocide de 1994 fut perpétré. Environ 50 000 personnes furent regroupées dans le Collège technique de Murambi, avant d’âtre massacrées par les miliciens Hutus. B.B Diop, réussit l’exploit de romancer l’horreur et de donner à voir des personnages complexes de part et d’autre de la machette… Le personnage central Cornelius, Rwandais en exil à Djibouti au moment du génocide, revient sur les lieux de la tragédie, et traverse le roman de sa culpabilité de survivant, et de sa position identitaire intenable, fils d’une mère Tutsi massacrée et d’un père Hutu donneur d’ordre aux bourreaux. La colline de Murambi, ce fut aussi le lieu de villégiature de l’armée française, engagée dans l’opération Turquoise, et qui comme l’Onu à Sarajevo, laissera le massacre se perpétrer sans intervenir.

« Ce livre est un miracle, et confirme ma certitude qu’après un génocide, seul l’art peut redonner du sens » Toni Morrison

Mbëkë mi, A l’assaut des vagues de l’Atlantique.

Abasse Ndione

 

Mbëkë Mi, c’est le « coup de tête » sur lequel partent les aspirants au rêve occidental. Regroupés en cachette sur les plages du Sénégal, entassés à plus de quarante dans des pirogues de bois, ils se lancent dans la traversée un peu folle vers les Canaries, terres Espagnoles au large de l’Afrique. Abasse Ndione, livre un texte très rythmé où l’espoir, la peur et la démesure de l’Océan se succèdent au fil du récit. La traversée en pirogue comme une métaphore de la vie humaine où l’amour le dispute au viol et la solidarité à l’égoïsme.

Les Girofliers de Zanzibar

Adam Shafi Adam

 

Ce livre, grand classique de la culture Swahilie raconte à travers le prisme d’une esclave et de son maitre, un épisode peu connue de l’histoire africaine : La révolution de Janvier 1964 qui vit le Sultanat de Zanzibar s’effondrer et laisser la place à une République populaire. L’histoire de l’île, c’est celle des rapports complexes marqués par le commerce et l’esclavage entre les Arabes de la péninsule Arabique et les Africains de la côte Est du continent. Le récit décrit le quotidien des esclaves africains dans les plantations de clou de Girofle des seigneurs arabes originaire d’Oman. Les planteurs, aveuglés par leurs richesses et la féodalité séculaire, ne voient pas que le monde a changé de base, et que l’agitation démocratique à l’œuvre sur le continent viendra bientôt demander des comptes aux maîtres de Zanzibar…


Le cœur n’est pas un genou que l’on plie

Mariama Barry

 

C’est dans la Guinée de Sekou Touré que nous plonge ce récit en partie autobiographique de Mariama Barry. L’auteur y retrace le parcours d’une gamine de 12 ans envoyée chez sa grand-mère en Guinée, après le divorce de ses parents à Dakar où elle a grandi. Le choc est grand, puisqu’elle passe d’un univers urbain et de son collège à un village de brousse d’un pays sous la coupe d’un dictateur, admirateur de Mao et de sa révolution culturelle, qui a décidé de fermer la majorité des écoles pour « rééduquer » les intellectuels aux champs…

Délaissée par ses parents, elle trouvera protection auprès de sa grand-mère, figure tutélaire de sa rébellion contre les ordres établis. Celui du patriarcat d’abord, que ses oncles veulent perpétuer en la mariant de force, mais « le cœur n’est pas un genou que l’on plie », et la petite Mariama résistera. Résistance ensuite contre cet ordre injuste et arbitraire d’un parti unique à la solde de quelques « apparatchiks tropicaux », en manifestant sa volonté farouche d’apprendre et d’étudier.

Avec un tel sujet, on aurait pu s’attendre à une écriture sombre et grave, mais l’auteur préfère user de l’humour et de paraboles pour dénoncer l’absurdité du régime : comment prendre au sérieux ce pouvoir qui fête le don par le « grand pays frère », l’Urss, de stocks de bidets et de vieux chasse-neige !

Un fusil dans la main, un poème dans la poche

Emmanuel Dongala

 

Premier roman du grand écrivain congolais, Emmanuel Dongala, « Un fusil dans la main, un poème dans la poche » traite de la question toujours épineuse, des intellectuels engagés dans les soubresauts de l’histoire et des luttes de libération. Au sortir de la colonisation, Mayela di Mayela, le héros du livre, quittant ses études et les « poèmes », part combattre dans les maquis d’Afrique Australe pour l’indépendance du Zimbabwe. Il y fait ses armes de révolutionnaire et après une traversée épique du continent revient chez lui, avec l’ambition de renverser la dictature en place, pour guider enfin le peuple vers la libération et le développement. Après avoir connu, l’emprisonnement et la violence, Mayela di Mayela accède enfin au pouvoir avec la ferme intention de réformer son pays. Rapidement pourtant, comme beaucoup d’autres, son règne ne sera que trahison des idéaux originels, et dérive vers un despotisme sanglant, très loin des idées de Fanon et Lumumba qui guidaient le jeune étudiant engagé qu’il était.

Une des nombreuses questions que soulève ce livre est la suivante : lorsqu’on commence par trahir les poèmes pour les fusils, ne finit-on pas toujours par trahir les hommes pour lesquels l’on a pris les fusils ?

Le Soleil des Indépendances

Ahmadou Kourouma

 

Le roman d’Ahmadou Kourouma, nous plonge dans les affres de la « Côte des Ebènes », république africaine imaginaire, cousine proche de la Côte d’Ivoire d’Houphouët Boigny, au moment de l’Indépendance de celle-ci.

Fama, le héros du roman est un prince Malinké, le dernier des Doumbouya, dynastie nobiliaire qui a régné sur la région du Horodougou. Mais, l’ère des « Soleils des Indépendances », plus encore que la satanée colonisation, a transformé l’ordre ancien. Le pouvoir n’est plus aujourd’hui dans les mains des rois et princes de brousse déchus, mais dans celles des élites lettrées du parti unique au pouvoir. La vie n’est plus que ruine et déchéance pour Fama, qui, comble de malheur, ne parvient même pas en enfanter sa belle épouse Salimata.

Au soir de sa vie, Fama, comme le veut la coutume prend le chemin du retour vers son village, pour mourir sur ses terres comme le veut la tradition. Mais Fama, homme d’un ordre ancien, voit se dresser devant lui une frontière et des douaniers inflexibles : son royaume est partagé entre deux états

Ecrit dans une langue magnifique qui mêle l'oralité et le sens de la farce, "le Soleil des Indépendances" est un des nombreux chefs-d'oeuvre d'Ahmadou Kourouma.

Les Enfants du Diable

Documentaire-Public Sénat

 

Ce sont des enfants comme les autres, mais un jour, parce que l'argent manque, ou qu'un malheur vient d'arriver, chômage, maladie ou décès, on les désigne comme étant «sorciers». De ce jour, leur vie devient un enfer. Chassés par leurs propres parents, ils sont battus s'ils veulent revenir dans leur foyer. Des milliers d'enfants subissent ce rejet en Afrique, victimes de l’ignorance et de la peur de leur famille. Une image un peu dissonante, qui rappelle que la vitalité économique actuelle du continent, ne profite pas à tout le monde…

 

http://www.publicsenat.fr/vod/le-docu/les-enfants-du-diable/128568

Chine/Afrique : Quelles perspectives ?

Géopolitique-RFI

 

La Chine est, depuis 2009, le premier partenaire commercial de l’Afrique et son principal bailleur de fonds, position antérieurement occupée par l'Union Européenne. Autant dire que Pékin fait désormais partie intégrante de l’équation géopolitique africaine, comme en témoigne l’émission de géopolitique de RFI.

L’émission est découpée en deux parties

 

Part 1 : http://www.rfi.fr/emission/20130330-1-chineafrique

Part 2 : http://www.rfi.fr/emission/20130330-2-chineafrique


Les racines déchirées

Petina Gappah

 

Premier livre de cette jeune écrivaine, saluée par la critique internationale, comme un des grands espoirs de la littérature africaine du moment. On croise dans ce recueil de nouvelles, les figures sombres d’un pays à la dérive, le Zimbabwe de Robert Mugabe, une des plus vieilles dictatures au monde.

On découvre au fil des textes, une bourgeoisie corrompue, trahissant l’idéal révolutionnaire au gré des réceptions mondaines dans des villas de luxe, tandis que l’incurie économique du pouvoir a précipité le pays dans l’abîme. L’inflation est telle qu’un kilo de banane coûte près de deux billions de dollars zimbabwéens… Chronique désenchantée d’un pays qui se meurt, où le Sida , « la maladie aux lèvres roses » que l’on ne nomme surtout pas , fait des ravages dans toutes les classes sociales.

Le style de Petina Gappah est surprenant de maîtrise et d'économie, et rappelle celui des grands novellistes américains : On dirait du Raymond Carver sous les tropiques. Une auteur à suivre !

La vie et demie

Sony Labou Tansi

 

Classique de la littérature africaine contemporaine, « La vie et demie » est le premier roman du grand écrivain congolais Sony Labou Tansi.

L'histoire se situe dans un pays imaginaire d'Afrique, la Katamalanasie, où le Guide Providentiel, despote sanguinaire, est à la tête d'une dictature cruelle. Il aime à assister aux tortures et exécutions qu'il fait donner dans une des salles de son palais. Comme tous les opposants, Martial, sera passé par les armes devant le Guide Providentiel qui se repaît de sa souffrance.

Mais Martial ne mourra jamais, et son fantôme viendra hanter le Guide et tous ses descendants sur plusieurs générations. La fille de Martial, Chaïdana, utilisera la sexualité comme une arme pour se venger du Guide et fera du coup peser sur sa propre lignée et sur l’ensemble du pays, une terrible malédiction.

Fable cruelle des maux de l'Afrique post-coloniale, « La vie et demie » est écrite dans un style foisonnant où la langue est torturée et broyée comme le sont les personnages de l'histoire. La fin du roman confine à la folie, et l'auteur y écrit comme en proie au délire sanguinolent des hommes et femmes qui traversent le livre. Une œuvre difficile, mais rare.

La grève des bàttu

Aminata Sow Fall

 

Les battù sont les petits récipients que les mendiants et éclopés tendent pour demander l’aumône dans les rue d'Afrique. Mais les temps changent et la municipalité à la tête de la capitale (probablement Dakar) a décidé de les chasser car ils deviennent gênants pour l'essor touristique du pays. La tâche est confiée à Mour N'Diaye qui voit dans cette action une occasion inespérée de s'attirer la bienveillance du président et d'accéder au poste de vice-président que celui-ci s'apprête à créer.

Sans relâche les mendiants sont traqués et expulsés de la ville et se retirent du coup en périphérie de celle-ci.

Mais en terre musulmane, les mendiants ont une fonction symbolique importante. Avec cette « grève des battù » à qui donner l'aumône dont chaque croyant doit s'acquitter ?

Mour Ndiaye lui-même sera pris dans ses contradictions lorsque ses marabouts lui demanderont de sacrifier un bœuf bien gras pour les mendiants de la ville, s'il veut que sa promotion soit validée par les oracles...

Aminata Sow Fall, grande écrivaine Sénégalaise convoque ici l'humour dans ce conte doux-amer, véritable ode aux miséreux et aux fragiles du continent.

Roberto Fonseca

Yo


Une petite envolée vers les Caraïbes avec Roberto Fonseca, pianiste prodige du Jazz Afro-Cubain. Le beau Roberto, s’écarte avec ce disque des canons habituels du jazz cubain, lui qui avait succédé à Rubén González dans le Buena Vista Social Clu. YO se veut comme un retour aux sources africaines de cette musique. Lui qui porte en permanence des grigris yorubas aux poignets, à voulu « extérioriser dans sa musique l’africanité qui dormait en lui ».

Il s’est entouré de la fine fleur des cordes africaines : Baba Sissoko (n'goni) et Sekou Kouyaté (kora) pour composer un album où la rythmique des congas et djembés répond à son jeu de piano alternant sens de la mélodie et morceaux tout en percussion. Le résultat est à la hauteur des ambitions : Un bel hommage à ce que l’Afrique a donné au Jazz.

http://www.youtube.com/watch?v=SNjs-uQfM4g

 

http://www.youtube.com/watch?v=ve7ERgS6k5Q

Afrique : Une autre histoire du XXème Siècle

Documentaire-France 5

 

Ce documentaire met en exergue un proverbe africain : « Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur ». Il est construit comme une série d’interviews d’hommes politiques, d’écrivains, de militants, ayant marqué la vie du continent. Le documentaire est séquencé en différentes parties qui vont de la Colonisation à L’Afrique de demain, en passant par les Indépendances ou les Dictatures.

Très didactique.

http://www.france5.fr/documentaires/afriques-une-autre-histoire-du-20e-siecle/


Une si longue lettre

Mariama Bâ

 

Grand classique et œuvre incontournable de la littérature africaine contemporaine, pour ce qu’elle dit de la condition féminine, « Une si longue lettre », a été publiée pour la première fois en 1979 dans un contexte où la prise de parole publique des femmes n’était pas habituelle. Ce roman épistolaire, est construit comme une succession de lettres écrites par une femme, tout juste veuve, à sa meilleure amie Aïssatou.

Les deux amies d’enfance, ont suivi un chemin commun, au fil des luttes pour l’indépendance avec l’espoir d’une société plus juste, aux côtés de leurs époux médecin et syndicaliste. Jeunes couples d’intellectuels, ils se voulaient des guides vers une société aux mœurs plus libérales. Ils appartenaient tous les quatre à cette génération désireuse d’établir une vraie égalité entre les hommes et les femmes.

Les années passant, l’une et l’autre seront trahie du jour au lendemain par des maris prenant sans prévenir le chemin de la « tradition », et du mariage avec de jeunes secondes épouses… L’une partira et quittera le pays avec ses quatre enfants, l’autre restera, subissant les affres du statut d’épouse délaissée jusqu’à la mort de son mari.

Ecrit dans une langue magnifique, ce roman de l’écrivain Sénégalaise Mariama Bâ garde encore toute sa pertinence et sa justification dans une Afrique partagée entre changement et tradition.

Ma Mercedes est plus grosse que la tienne

Nkem Nwankwo

 

Onuma, fils d’un chef de tribu, revient quelques années après son départ pour Lagos, dans son village d’enfance pour une cérémonie rituelle.

Ce retour est l’occasion de prouver aux villageois son insolente réussite dans la capitale. Au volant de sa Jaguar dorée, Onuma se faufile entre les cases et les mauvais chemins de sa région natale, suscitant admiration et jalousie.

Mais une Jaguar n’est pas une voiture pour la brousse et son goût prononcé pour le luxe, les femmes et l’alcool le perdront vite et l’obligeront à repartir au bas de l’échelle sociale, parmi ces « pouilleux » qu’il méprisait tant. Comment se doucher à nouveau à l’eau froide dans une arrière-cour crasseuse, quand on a donné à sa peau le goût des baignoires chaudes ?

Conte cruel sur le rapport au progrès et au pouvoir, ce livre unique de l’écrivain Nigérian Nkem Nwankwo navigue entre constat amer et férocité jubilatoire dans une société en plein questionnement identitaire.

J.M Coetzee

Disgrâce

 

David Laurie est un professeur d’Université du Cap, qui à la veille de sa retraite voit sa vie professionnelle salie, suite à la révélation publique d’une aventure avec une de ses jeunes étudiantes qui l'accuse d'harcèlement sexuel. Pour fuir cette situation, il décide de partir chez sa fille Lucy qui a choisi de se lancer dans la reprise d’une ferme. Mais les temps ont changé en Afrique du Sud, l’Apartheid, contre lequel David s’est toujours battu est tombé, et les rancœurs se font parfois violences. Le drame va se jouer de façon brutale, renvoyant chacun à ses difficultés à accorder sa conscience à la réalité nouvelle.

Roman magistral d’un des géants des lettres contemporaines, prix Nobel de littérature, Disgrâce est peut-être le meilleur roman de J. M. Coetzee. Il ne s’agit nullement d’un récit bien-pensant où tout est simple, le mal comme le bien, les méchants comme les gentils. Coetzee y dresse un tableau extrêmement pessimiste de l’Afrique du Sud post-Apartheid, déchirée par des inégalités sociales. L’insécurité est-elle devenue une créance exigible par l’histoire, comme semble le penser Lucy? Les Afrikaners sont-ils condamnés à souffrir le présent pour expier les crimes du passé? Pour Coetzee, les plaies de l’histoire ne cicatriseront pas facilement et la nation Arc-en-ciel est au devant d’un avenir aussi qui pourrait s’avérer aussi sombre que celui du professeur David Lurie.

Brothers in Bamako

 Habib Koïté et Eric Bibb

 

Habib Koité est malien, Eric Bibb afro-américain. Le premier est l'une des voix les plus influentes de la musique africaine moderne, le second s'est imposé dans la nouvelle génération des bluesmen par son jeu acoustique nourri aux origines du blues.

Sur ce premier album commun, ces deux là se retrouvent comme deux frères à Bamako. Profondément nourris de leurs racines traditionnelles respectives, les deux guitaristes y insufflent toute la richesse de leurs influences modernes.

Le jeu de guitare limpide d'Eric Bibb s'accorde à la voix douce d'Habib Koité. On trouve dans ce disque des blues solides, des balades maliennes ou des chansons peules traditionnelles (Magnifique « Khafolé », sur une mère qui pleure sa fille morte d’une excision).

Le dernier titre « Going down the road feeling bad » est un symbole à lui tout seul : Chanson fétiche des petits blancs (les redneck) qui côtoyaient les esclaves dans les plantations de coton du Sud des Etats-Unis et que le blues allaient influencer, elle fut chantée par Woodie Guthrie, le folkgsonger contestataire. Elle est ici reprise à Bamako par Bibb et Koïté, comme un retour aux sources vers le continent qui l’a inspirée.La boucle est bouclée...

 

http://www.youtube.com/watch?v=VVN6ayzpzbE

http://www.youtube.com/watch?v=-4GDZPwpJ9M

http://www.youtube.com/watch?v=R-cBKBMIB_w



L'empire du Mali au Moyen-Age

2000 ans d'histoire-France Inter

 

F.X Fauvelle-Aymard, médiéviste spécialiste de l'Afrique et auteur du livre "Le Rhinocéros d'Or : Histoire du Moyen-Age Africain" est l'invité de l'émission d'histoire de France Inter.

Il retrace les sagas des empires du Ghana et du Mali qui régnèrent sur l'Afrique Occidentale à la période médiévale, faisant de leurs Royaumes des hauts-lieux de commerce et de civilisation.


http://www.franceinter.fr/emission-la-marche-de-l-histoire-l-empire-du-mali-au-moyen-age


La femme aux pieds nus.

Scholastique Mukasonga


Stéphania, la mère de Scholastique réunissait ses enfants pour leur faire promettre de recouvrir d’un pagne son corps lorsqu’elle serait morte.

Elle mourra sous les coups de machettes des milices hutus, lors du dernier grand génocide du XXème siècle.

Sa fille, raconte avec une pudeur rare, l’exil au Nyamata, région la moins fertile du Rwanda, où la majorité des hommes et femmes Tutsis, ce peuples d’éleveurs, a été déportée, sans ses vaches, depuis les années 60.

Elle y raconte la vie du camp, le miracle renouvelé de la cueillette du Sorgho, les réunions de femmes pour fêter les mariages et les naissances, les remèdes miracles que l’on plante dans le jardin…

Mais la « lune pleure souvent des larmes jaunes », qui annoncent les mauvais présages, et les massacres à venir. Stéphania, mère-courage n’aura qu’une obsession : sauver ses enfants de la tragédie annoncée.

 « Ce livre est le linceul dont je n’ai pu parer ma mère… »

 


Le roi de Kahel

Tierno Monénembo


Pour les amateurs de grandes fresques littéraires, l’épopée incroyable d’Olivier de Sanderval, bourgeois lyonnais qui rêvait d’Afrique depuis sa tendre enfance, devenu, en suivant son rêve, un de ces explorateurs un peu fous qui ont sillonné l’Afrique au moment de la colonisation.

Convaincu, que l’Afrique était « ce continent vierge à civiliser, pour en faire l’héritière d’Athènes et de Rome, prête à régénérer le monde », Sanderval passera sa vie à essayer de conquérir la confiance des princes peuls du Fouta-Djalon, plateaux fertiles de l’actuelle Guinée. Après avoir frôlé la mort, il y parviendra et deviendra le Roi de Kahel, prince parmi les princes peuls. Mais les luttes intestines à Paris et sur place auront raison de la « mission civilisatrice » à laquelle rêvait Sanderval…

Il reste malgré tout à ce jour un héros de la république de Guinée, et la concession qu’il avait établit à Conakry, alors qu’il n’y avait que quelques cases isolées à cet endroit, est aujourd’hui encore le lieu de la présidence de la République.On croise dans ce roman, Faidherbe, Gallieni et d’autres grands noms de la colonisation à la française qui en disent long sur les naïvetés de certains et les ambitions des autres…

 


La Porte des larmes. Retour vers l'Abyssinie 

J.C Guillebaud-R.Depardon

 

La Porte des Larmes, c’est Bab el Mandeb en arabe, le détroit qui sépare la mer rouge de l’Océan Indien, l’Afrique de l’Arabie, Djibouti du Yemen.

 

Longtemps, avant que l’avion n’existe, il a été la porte d’entrée vers l’Abyssinie mythique qui fascina tant de voyageurs.

Ce livre retrace le retour de l’écrivain et du photographe vers cette Ethiopie, que jeunes, ils ont sillonné plusieurs fois, et qui s’était fermée sur des années de guerre et de misère.

Ils redécouvrent ce pays tant aimé, la beauté des femmes qui n’a d’égale que celle des hauts-plateaux.

D’Addis-Abeba à Asmara, en passant par Aksoum et les montagnes du Tigré, c’est l’histoire du plus vieux pays d’Afrique qui s’écrit encore à travers les gens et les paysages.

Les photos de Depardon, font écho à la nostalgie de Guillebaud, elles saisissent la lumière incroyable des lieux et la dignité de ces peuples d’Abyssinie.

 

 

Fatou

Fatoumata Diawara

Ce premier album solo de l’artiste malienne révèle un univers intime et un joli tempérament folk, trempé dans la tradition wassoulou. (région du mali où la musique se joue accompagnée d’une harpe traditionnelle à 6 cordes).

On trouve sur cet album des ballades qui mélangent guitares, piano Rhodes, luth n'goni et des percussions traditionnelles. A la croisée des chemins et des cultures entre les rythmes mandingues et des contrées funk plus occidentales.

Un album sorti l’année dernière et à redécouvrir.

 

http://www.youtube.com/watch?v=E82BifytoYY

http://www.youtube.com/watch?v=jK680uD7qQI

 

 


L’Homme dit-Fou et la mauvaise foi des hommes.

Florent Couao-Zotti

 

Le grand auteur Béninois nous plonge au fil de ces nouvelles dans les entrailles du Bénin contemporain, et dans la démesure du continent.

Loin d’une vision policée, son Afrique est âpre, violente et meurtrière.

On y croise les déviances d’une ville abimée de ne jamais se poser : viol, inceste, nécrophilie, lynchages d’enfants et de pseudo-sorcières… La folie est-elle vraiment celle que l’on désigne ?  La vision sombre d’un grand écrivain.

Et si ces êtres « tordus » étaient ceux qui parlent le mieux de l’Afrique actuelle ?

 

 

 

Radio : Radio Alliance plus-Carte Blanche : Psychiatrie en Afrique

 

Interview du Dr ALARCON William sur le thème de la santé mentale en Afrique sur les ondes d'une radio associative nîmoise. Emission "Carte Blanche" de Suzel Schmitt.

 

http://www.radioallianceplus.fr/william-alarcon-psychiatre/

 

 

Ebène. Richard Kapuscinski

 

Le livre d’un homme inclassable (journaliste, diplomate, peut-être espion ?...), mais surtout celui d’un écrivain polonais amoureux de l’Afrique.

Le livre est une succession de reportages aux quatre coins du continent.

On y trouve des descriptions lumineuses des paysages et des heures passées à attendre …que l’attente prenne fin… Kapuscinscki dresse aussi des portraits de dictateurs de pacotilles aux victimes réelles : les pages consacrées à Idi Amin Dada ou à Bokassa seraient comiques si elles ne rejoignaient pas une réalité si tragique…

Vous croiserez aussi les seigneurs de guerre du Libéria, les racines du génocide Rwandais, la dignité des bergers des haut-plateaux éthiopiens…

Ebène, un livre indispensable aux amoureux du continent et de son histoire récente.

 

 

 

Cartographie : Parcequ'une carte en dit parfois beaucoup plus qu'un discours...

Une carte qui en dit pas mal sur le chemin qui reste à parcourir, même si les choses avancent depuis quelques années.

Où comment la richesse du continent continue à s’investir ailleurs via les trafics en tout genre, évitant par là-même les voies du développement…

http://www.carto-presse.com/?p=916

 

 

 


Biennale Art Contemporain Benin
Biennale Art Contemporain Benin

Au Bénin se tient actuellement une Biennale d'Art Contemporain qui témoigne de la formidable vitalité de l'art sur le continent. Loins des clichés qui enferment l'Art africain dans la reproduction d'oeuvres séculaires basées sur la tradition, il existe de véritables artistes qui réflechissent à l'Afrique d'aujourd'hui et de demain.

A noter que la Résidence d'Artiste d'Abomey est située à proximité de Bohicon, où se trouve un des centres de la St-Camille

Une émission de RFI s'intéresse à la Biennale d'Art Contemporain qui se tient en ce moment au Bénin.

http://www.rfi.fr/emission/20121127-benin-nation-vaudou-art-contemporain

(Télécharger l'émission sur le site)

 

 

 

Un livre d'histoire incroyable qui se lit comme un roman. L'histoire du Congo, de la Préhistoire à la "Chinafrique" de ces dernières années en passant par la colonisation belge du Roi Léopol II,  Lumumba, Mobutu, les Kabila...

Un récit qui mêle la grande et la petite histoire à travers le recueil de centaines de témoignages.

Le best-seller le plus improbable du moment : Prix Médicis Essai 2012, et important succès de librairie dans toute l'Europe !

http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2614p080-083.xml0/

 

 

 

Une carte actualisée de la présence chinoise sur le continent. Un reflet de la "Chinafrique" : Nouvelle exploitation des ressources du continent ou voie nouvelle de développement ? Le débat est vif en Afrique !

http://www.rfi.fr/afrique/20101026-chinois-afrique

  (En cliquant sur chaques items, ils apparaissent sur la carte)

 

 

Une émission de RFI consacrée aux rites Vaudous au Togo et au Bénin où cette religion est née avant d'être exportée via l'esclavage aux Antilles, en particulier en Haïti, et au Brésil.

      http://www.rfi.fr/contenu/20100108-traces-vaudou-religion-traditionnelle-togo-benin

(Télécharger l'émission sur le site)